En rendant la délégation de pouvoirs à l'Etat du Sénégal, les fédéraux se sont débarrassés d'une patate chaude. Il appartient maintenant aux autorités compétentes de traduire en acte, par le canal de la structure d'exception qui sera bientôt mise sur pied, la volonté politique couchée dans le plan de développement du football sénégalais. Un plan de développement qui a pris trop de poussière dans les tiroirs du ministère des Sports et des Loisirs.
Bien que six à sept membres du Comité directeur (Cd) de la Fédération sénégalaise de football (Fsf) refusent de déposer leur acte de démission, les carottes semblent bien cuites pour les fédéraux. Parce que, non seulement, le président intérimaire, Bounama Dièye, a saisi la Fédération internationale de football amateur (Fifa) et la Confédération africaine de football (Caf) pour expliquer que les membres de la Fsf ne peuvent plus exercer la mission qui leur est assignée, avec les 25 démissions enregistrées sur les 31 ou 33 qui composent le Cd, mais ensuite, il a rendu la délégation de pouvoirs à l'Etat. Ainsi, dans une correspondance adressée, mardi dernier, à la tutelle (ministère des Sports et des Loisirs), Bounama Dièye qui est resté à la tête de l'instance dirigeante du football sénégalais pour évacuer les affaires courantes, après avoir fait l'état des lieux, a 'invité l'Etat à prendre ses responsabilités. Parce qu'il n'y a plus de quorum pouvant permettre au Comité directeur de la Fsf de fonctionner normalement'. Des responsabilités de l'Etat qui consisteraient à sortir de l'ornière le football sénégalais plongé, depuis plus d'un an, dans une crise ressentie à tous les niveaux.
L'incapacité du Comité directeur à fonctionner constatée par le président par intérim, il appartient maintenant à l'Etat de dérouler sa politique sportive afin de sortir le football sénégalais de l'ornière. Et, sur ce point, il existerait déjà, au ministère des Sports, des dossiers fin prêts pour développer le football sénégalais. D'après une source au département de la rue Carnot, 'il y a dans les tiroirs du ministère des Sports et des Loisirs, un plan de développement du football sénégalais que la Fifa avait bien apprécié à la fin des travaux. Malheureusement, les autorités n'ont jamais concrétisé ce plan de développement d'une durée de quatre ans et d'un coût global de plus d'un milliard', se désole-t-il. Pourtant, soutient-elle, 'ce plan qui a bien été élaboré administrativement et techniquement, pouvait bien redresser le football sénégalais à la place des dizaines de milliards jetés, depuis quelques années, par la fenêtre. Ce plan rangé dans les tiroirs à cause d'une absence de volonté politique pouvait bien développer le football sénégalais', regrette notre interlocuteur. Cette négligence lui fait dire que c'est 'l'Etat qui est le principal responsable de la crise qui mine le football sénégalais. Parce qu'il n'a jamais su définir, de façon très claire, sa politique de développement. Il a tout entretenu dans le flou'.
D'après notre source, 'Tout est en place : les stratégies, les moyens, les politiques et les orientations à apporter au football sénégalais sont définis dans le plan de développement, de même que l'ensemble des composantes (aspects techniques, ressources humaines, les aspects juridiques, financiers et administratifs) est bien ficelé dans ce plan de développement qui a été mis à la disposition des instances supérieures du football national. Il ne reste que l'application', croit savoir notre interlocuteur. Ayant repris la délégation de pouvoirs, cet agent invite les autorités compétentes à dépoussiérer ce plan de développement afin de sortir le football sénégalais de l'ornière.
Mamanding Nicolas SONKO
Source: Walf Fadjri